Quand un individu, un groupe d’individus ou un pays vient en aide à sa demande à un autre groupe
ou à un autre pays son intervention doit être dictée par le souci d’adapter son travail à la réalité culturelle sociologique, humaine du groupe ou pays concerné. Il ne peut pas y
avoir de développement harmonieux sans une attitude d’authentique solidarité envers les récipiendaires de ces aides, qu’elles soient pécuniaires ou
de transfert de savoir faire.
Plus attribuées suivant des considérations d’ordre économiques que de solidarité, les aides internationales
provenant d’organismes tels que l’UE, le FMI, l’ONU , la BM et de bien d’autres ont cependant leurs raisons d’être mais chacun a pu en mesurer les limites et il appartient aux acteurs de ces
institutions d’en moraliser les pratiques. Nous ne nous situons pas dans cette problématique là.
Pour décrire la notre, j’aime beaucoup la comparaison avec les fourmis, comparaison dont j’ai déjà fait état dans
un article précédent, « lettre ouverte à mon petit-fils » (cf : Chronique Centrafricaine N° 19 ) dans lequel il est évoqué brièvement le livre de Bill Clinton « Comment chacun d’entre nous peut changer le monde » dont je
recommande la lecture, sur la pertinence de l’action individuelle. Citons à nouveau ce passage de l’ouvrage : « L’action individuelle et citoyenne est non seulement le complément nécessaire de l’action publique mais peut être parfois plus efficace ».
Comme je suis souvent interpellé sur l’utilité réelle d’un Volontaire de Solidarité Internationale dans un pays du
sud, cela signifie qu’il y a déficit de communication, il n’est donc pas inutile d’y revenir (même si là aussi j’ai déjà abordé le sujet dans
"église culture et développement" (cf : Chronique Centrafricaine
N° 20 ) pas plus qu’il ne serait inutile de revisiter le terme « développement ».
Contentons nous pour aujourd’hui de lui attribuer la signification courante.
Femmes et hommes de terrain, en prise directe avec les réalités souvent dures de la vie locale nos actions portent
leurs fruits par la multiplicité de celles-ci et leur efficacité dans un périmètre circonscrit,
géographique, financier, humain.
Etant sur le terrain, citons un cas précis sur lequel j’ai travaillé en démonstration de ce qui
précède.
On se souviendra peut-être que au mois de mai dernier je suis parti une quinzaine de jours en Guinée Conakry,
entre autre à Ourouss, au nord, pour réfléchir et tenter d’améliorer les conditions d’étude, d’alphabétisation fonctionnelle et le taux de fréquentation des enfants des villages de brousse.
Réfléchir pour ensuite agir et bâtir un projet, viable, cohérent, planifié, économiquement réalisable.
Si le problème posé était assez simple - construire des « abris d’école » « en dur » et
confortables qui résistent dans le temps aux intempéries – sa résolution l’a été nettement moins.
Cependant il le fut. Il le fut parce que j’ai pris le temps, ce fameux temps, comme tous les Volontaires de
Solidarité Internationale prennent le temps de le prendre : visiter les lieux, s’imprégner de l’atmosphère, parler avec les différents protagonistes, élèves, enseignants, décideurs, et bien
sûr responsables de la Congrégation des Fréres de Saint-Gabriel, pilote dans cette affaire. Il le fut dans la mesure ou sur une trentaine d’écoles à construire dans les cinq ans à venir, six vont
l’être rapidement grâce à l’intervention des responsables de la Congrégation à Rome qui, ayant bien mesurés l’urgence de la demande vont débloquer les fonds nécessaires.
Indépendamment du fait que cela va faire travailler quelques entreprises de la sous-région, cette action contribue
à sortir les enfants de leur isolement scolaire en espérant une assiduité que l’état de leurs anciens locaux n’autorisait pas vraiment.
Voila, c’est un exemple, il y en a d’autres, nous en reparlerons
prochainement.
Je voudrais terminer cette brève chronique avec Léopold Sédar Senghor dans son introduction à « LIBERTE 3 –
Négritude et civilisation de l’Universel » :
« Il y a heureusement, de par
le monde, notamment en France malgré la tradition assimilationniste, des hommes soucieux aussi bien de la vérité que de « l’éminente dignité des pauvres ». Car ce sont des Français du
Sénégal, des spécialistes travaillant sur le terrain, qui ont répondu en dénonçant la fausse science des Parisiens.»
croquis perspectif d'une future
école de brousse - Ourouss
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