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Dominique Baumont

  • : Le blog de Dominique BAUMONT
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  • : UN ESPACE D'AFRIQUE ET D'HUMANITE, D'EXPERIENCES VECUES, UN ESPACE DE PARTAGE ET D'ECHANGE.
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L' Auteur

  • Dominique BAUMONT
  • Quelques chroniques et quelques photos de quelques missions en Afrique.

VOLONTAIRE DE SOLIDARITE INTERNATIONALE.

2005–2007 en CENTRAFRIQUE.

2008–2010 au SENEGAL.

2012-2014 en 
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.
  • Quelques chroniques et quelques photos de quelques missions en Afrique. VOLONTAIRE DE SOLIDARITE INTERNATIONALE. 2005–2007 en CENTRAFRIQUE. 2008–2010 au SENEGAL. 2012-2014 en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.

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Un voyage se fait toujours trois fois...

Une première en rêve, en imagination,

au ras des cartes.

Une deuxième le long des routes,

dans des bus rapiécés,

dans des gares en attente

d’hypothétiques trains,

dans des hôtels douteux ou des jardins radieux.

Enfin une troisième et interminable en souvenir,

dans la présence d’instants

qui vous constituent désormais

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Elisabeth FOCH - Journaliste française - Prix Nadal 1990 

matin à Kikwit 2

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 12:45

 

Suite et fin de l'interview accordée par Edgar Morin ancien résistant et philisophe à RUE 89 au sujet de la sortie de son livre "La voie" dans lequel il dresse un constat sévère des maux contemporains.

 


la voie Edgar Morin, une voie pour éviter le désastre annoncé.

 A 89 ans, Edgar Morin continue de produire une réflexion riche et tournée vers l'avenir. Cet ancien résistant, ex-communiste, sociologue et philosophe, à qui, sans le savoir, Nicolas Sarkozy empruntait il y a quelques années le concept de « politique de civilisation », vient de produire un nouvel ouvrage, « La Voie », dans laquelle il fait à la fois un constat sévère et angoissant des maux de notre époque, et tente de donner quelques pistes pour l'avenir


Entretien

rue89

 


 

Avez-vous des contacts avec avec des responsables de gauche ?

J'ai reçu le livre d'Arnaud Montebourg. Dans sa dédicace, il dit s'inspirer de certaines de mes idées. Si c'est vrai, je suis content. Ségolène Royal m'a défendu à l'époque du malentendu avec Sarkozy. Elle a montré un exemplaire du livre en disant que c'était ça la vraie politique de civilisation. Mais je n'ai pas de signe d'un renouveau de la pensée politique.

 

Vous défendez dans « La Voie » la démocratie participative, un concept de Royal.

Elle avait raison. Il y a des exemples au Brésil où la population examine certains budgets... Il doit y avoir je crois comme complément à la démocratie parlementaire et institutionnelle une démocratie de base qui puisse contrôler, voire décider de certains problèmes comme la construction d'un bout d'autoroute, l'installation d'une usine...

Je suis favorable à la démocratie participative mais je sais que ce n'est pas une solution magique. Le risque est que les populations les plus concernées en soit absentes, les vieux, les femmes, les jeunes, les immigrés...

Il y a aussi le risque que ces assemblées soient noyautées par des partis. Cette manie des petits partis trotskistes de toujours noyauter. Ils croient bien faire et en réalité, ils détruisent tout ! Voyez l'altermondialisme.

Souvent aussi, ce sont les forts en gueule qui jouent les rôles les plus importants et beaucoup se taisent. Il y a toute une éducation à faire sur la démocratie participative.

Si on amorce la pompe au renouveau citoyen, les choses peuvent se développer. Il faut créer des instituts où l'on enseigne aux citoyens les grands problèmes politiques. Comme il y a un dessèchement de la démocratie, la régénération de la démocratie compte.

Pourtant, la plus grande difficulté, c'est le désenchantement. Les vieilles générations ont cru à la révolution, au communisme, à la société dite industrielle, à la prospérité, à la fin des crises. Raymond Aron disait : « La société industrielle ferait la moins mauvaise société possible. » Il y avait des espoirs, le socialisme arabe, les révolutions... Tous ces espoirs se sont effondrés.

 

Au Brésil ou en Chine, cette croyance en la prospérité, la croissance, existent pourtant.

Morin 4En Amérique latine, la gauche existe sous une forme plurielle. On doit dire les gauches. Lula, Kirchner, Bachelet, Correa... Pas Chavez, je ne dirais pas que c'est la gauche.

Le Brésil, ce grand pays qui a un grand potentiel industriel, met son avenir dans le développement, ce qui est dangereux pour l'Amazonie, etc. Bref, là aussi des modes de pensées sont introduits. Lula est partagé entre ceux qui disent qu'il faut sauvegarder l'Amazonie et ceux qui disent qu'il faut l'exploiter.

Correa ne veut pas exploiter les ressources de pétrole ; Morales en Bolivie reconstitue la société du « bien vivir », du « bien vivre », c'est-à-dire bien vivre avec la « pachamama », la terre mère. C'est tenter les symbioses entre les civilisations traditionnelles et les civilisations occidentales.

Les traditions apportent le rapport avec la nature, ces solidarités de famille, de voisinage, de village, le respect des vieilles générations ; les défauts, c'est souvent l'autoritarisme familial, le conservatisme. L'Occident apporte la démocratie, le droit des hommes et des femmes.

L'élément déclencheur de la popularité de Lula est la « bolsa familia », cette allocation famille pauvre pour permettre aux enfants d'aller à l'école et même pour avoir accès à la consommation. Cette idée commence à être étudiée au Maroc et ailleurs, c'est un moyen de lutter contre la pauvreté. C'est très bien. C'est un continent très vivant.

Mais en Chine, c'est une symbiose entre le capitalisme le plus terrible et l'autoritarisme le plus total ! Mais là aussi il y a des ferments : écologique, de liberté...

Nous parlions du désabusement. Pensez-vous qu'il est propre à l'Occident ou qu'il est global ?

C'est global. Je crois que la perte de la croyance en un progrès comme une voie historique est un des facteursMorin 5 les plus importants de ce désabusement. Cette croyance, formulée par Condorcet, a été inoculée au monde entier. Or, on a perdu l'avenir. Le lendemain est incertitude, danger et angoisse. Lorsque le présent est angoissé, on reflue vers le passé, l'identité, la religion, d'où le réveil formidable des religions.

On a donné un prix, au jury du Monde dont je fais partie, à une Iranienne qui explique très bien comment une partie de l'intelligentsia de gauche a, après l'échec du Shah, soutenu Khomeiny. Une partie des nouvelles générations se convertit à l'intégrisme religieux dans les pays arabo-musulmans.

Regardez cette crise épouvantable en Tunisie : le régime s'est posé en rempart contre l'intégrisme et il a justifié la répression ainsi. Ils ont réussi à désintégrer les forces démocratiques qui existaient dans le pays. On se rend compte d'une situation tragique.

Vous savez, avec Stéphane Hessel et notre ami Claude Alphandéry, nous sommes des dinosaures. Avec Claude Alphandéry, nous étions résistants puis communistes puis nous nous sommes dégagés du communisme. Lui, malgré ses activités bancaires, n'a pas perdu ses aspirations.

Je l'ai connu après la Libération. Depuis, on s'est retrouvés souvent et on s'est rendu compte qu'on avait conservé nos aspirations, mais qu'on avait perdu nos illusions.

 

Certains se convertissent au cynisme...

Ou ils passent à droite ou au religieux.

 

Vous-même êtes un désabusé d'Obama ?

 Non ! J'admire et je respecte Obama. L'état régressif du monde a provoqué l'échec de sa politique pour Israël et en Palestine, pour le reste du monde, l'Afghanistan... Il est un peu victime. Cet échec m'attriste mais je ne suis pas désabusé.

Ce que je crains, c'est le déchaînement d'une réaction américaine pire que celle de Bush. Quand on voit ces Tea Party, la réaction des républicains, c'est très inquiétant ! Le diagnostic de régression doit nous inciter à proposer un avenir. Pas un programme, un modèle de société... Non ! Il faut proposer une voie qui peut créer d'autres voies et cette voie peut créer la métamorphose. C'est le versant optimiste d'un constat pessimiste !

 

Vous dites que le désenchantement est la perte de la croyance au progrès. C'est proche du désenchantement lié à l'approche de sa propre mort...

Jamais il n'y a eu cette communauté de destin pour toute l'humanité, tous les humains ont les mêmes menaces mortelles, les mêmes problèmes de salut. La mondialisation est la pire et la meilleure des choses pour cela...

Le problème de la mort, je m'y suis intéressé dans « L'Homme et la mort ». Derrière cet intérêt, il y avait la mort de ma mère quand j'avais 10 ans, un événement atroce et absurde, puis mes amis proches morts fusillés ou déportés...

Bien sûr, vie et mort sont deux ennemis, mais la vie réussit à lutter contre la mort en s'aidant de la mort. Quand nous mangeons des animaux, nous les tuons. Nos cellules meurent sans arrêt et sont remplacées par des cellules jeunes. Cette dialectique permanente de la vie et de la mort où la mort triomphe à la fin sur des individus, voire sur la vie avec la mort du Soleil, cela ne fait que renforcer l'idée de l'importance du vivre.

On peut refouler les angoisses de mort par l'intensité de la vie, des forces de vie qui sont des forces d'amour, de poésie, d'art de communion. Il n'y a pas d'autre réponse donnée à la mort que celle de pouvoir vivre sa vie. Sauf pour ceux qui croient en une vie après la mort.

Vous insistez sur l'idée de la métamorphose, avec la parabole de la chenille et du papillon. Est-ce une version différente de la vie après la mort ?

Non. Après la mort, il y a soit la résurrection dans le christianisme ou l'islam, soit la réincarnation. Mon idée, c'est que quelque chose se passe sur Terre. Il n'y a pas seulement les nombreuses métamorphoses dans le monde animal, chez les batraciens, les insectes, mais aussi chez l'homme. Nous-mêmes, quand nous sommes fœtus, nous nous métamorphosons. Nous passons d'un état liquide à l'air.

Historiquement, l'humanité toute entière a connu la métamorphose ; des sociétés de chasseurs en quelques points du globe aux premières cités, l'agriculture, les grandes religions, les œuvres d'art, les techniques, la philosophie... Dès l'apparition des grands empires à aujourd'hui, ce sont de formidables métamorphoses.

Aujourd'hui, nous devons arriver à une métamorphose post-historique, à une civilisation planétaire dont on ne peut pas prévoir la forme. Je reste donc dans un univers très terrestre, pour ne pas dire terrien.

Est-ce que le conflit au Proche-Orient n'est pas le symbole des maux de la civilisation actuelle ?

Tout à fait. Il les porte même à son paroxysme. Deux nations se sont formées sur le même territoire, deux nationalismes se sont formés et ils tendent tous deux à prendre une coloration de plus en plus religieuse.

Beaucoup se demandent ce qu'est cette histoire face aux drames du Soudan... Ce n'est pas ainsi qu'il faut poser la question parce qu'elle considère des millions de musulmans, de juifs, de chrétiens à cause de Jérusalem. Je l'ai pensée comme une sorte de cancer, quelque chose qui produit des métastases : l'antijudaïsme dans le monde musulman se nourrit de l'antisémitisme occidental qui lui s'atténue au profit de l'anti-arabisme.

Cette histoire a aggravé la situation mondiale. Ce n'est pas le seul facteur du manichéisme et de l'intégrisme, mais c'est une dégradation générale, c'est sûr.

Nous retirons notre mot de pessimisme...

Il faut conjuguer optimisme et pessimisme. C'est cela la pensée complexe, c'est unir des notions qui se repoussent.

point d'interrogation

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Published by Dominique BAUMONT - dans VOYAGE
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commentaires

Dominique BAUMONT 18/11/2011 08:46



A nous aussi chevrette d'aider les jeunes générations. Bises et bonne journée. Dominique



Dominique BAUMONT 18/11/2011 08:45



Merci Yvon. Bonne journée à toi. Dominique



Yvon 17/11/2011 21:36



bonne soirée, Dominique



chevrette13 17/11/2011 18:35



un cours de philosophie...il devrait poser un peu toutes   ces questions à la nouvelle génération..c'est eux l'avenir !!


bisous



Dominique BAUMONT 17/11/2011 17:59



Merci Sonya. Bisous et bonne journée. Dominique