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Dominique Baumont

  • : Le blog de Dominique BAUMONT
  • Le blog de Dominique BAUMONT
  • : UN ESPACE D'AFRIQUE ET D'HUMANITE, D'EXPERIENCES VECUES, UN ESPACE DE PARTAGE ET D'ECHANGE.
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L' Auteur

  • Dominique BAUMONT
  • Quelques chroniques et quelques photos de quelques missions en Afrique.

VOLONTAIRE DE SOLIDARITE INTERNATIONALE.

2005–2007 en CENTRAFRIQUE.

2008–2010 au SENEGAL.

2012-2014 en 
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.
  • Quelques chroniques et quelques photos de quelques missions en Afrique. VOLONTAIRE DE SOLIDARITE INTERNATIONALE. 2005–2007 en CENTRAFRIQUE. 2008–2010 au SENEGAL. 2012-2014 en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.

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Un voyage se fait toujours trois fois...

Une première en rêve, en imagination,

au ras des cartes.

Une deuxième le long des routes,

dans des bus rapiécés,

dans des gares en attente

d’hypothétiques trains,

dans des hôtels douteux ou des jardins radieux.

Enfin une troisième et interminable en souvenir,

dans la présence d’instants

qui vous constituent désormais

et que rien n’y personne ne peut effacer.

Elisabeth FOCH - Journaliste française - Prix Nadal 1990 

matin à Kikwit 2

 Matin à Kikwit. Bandundu. RDC

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 19:33

A l’approche des fêtes de fin d’année, alors que je suis  en France il me revient à l’esprit ces fêtes de Noël passées fin 2006 en Centrafrique.

Inoubliables moments de vie, de ceux qui laissent à jamais les traces profondes des enthousiasmes non déçus, des rêves réalisés.

Souvenirs, souvenirs…


Nous sommes partis le samedi 23 décembre 2006 pour Bouar à 450 km à l’ouest de Bangui. Nous étionsun passage délicat cinq coopérants. La route est en partie goudronnée, mais parfois difficile à conduire, truffée de nids de poule qui sont de véritables baignoires.

Arrivée à 18h30 à la mission où nous attendait Anne-Sophie. Nous logeons tous dans la même maison à l’intérieur de la concession.

Le 24 en fin d’après-midi, nous partons à 30 km à l’est de Bouar en direction de Bozoum, dans un petit village nommé Galilée : pour une nuit Noël, cela ne s’invente pas. Nous sommes ici, au centre du centre de l’Afrique profonde. On nous attendait et les villageois avaient préparé un très grand feu qui sera allumé plus tard. Le Père Mirek, polonais, adjoint de l’Evêque de Bouar, Monseigneur Armando Gianni, italien, a dit à 21h la messe de « minuit ».

Arrêtons-nous un peu sur « l’église ». Elle ne comporte que deux murs en briques de terre séchée. Le toit deéglise 2006 chaume à trois mètres de hauteur nous laisse entrevoir les étoiles. Les bancs sont de petits troncs de 10 cm de diamètre reposant sur des fourches presque au ras du sol. Une faible lumière électrique sur batterie, des bougies et une petite cinquantaine de personnes complète le tableau. Impressionnante atmosphère, impressionnante sérénité, avec comme toujours ici, des chants, des danses discrètes, un réel recueillement : nous nous croyons dans une crèche. C’est magnifique. A la fin de la messe, les villageois nous servent une boule de manioc avec du poisson boucané et de l’eau fraîche que nous mangeons dans « l’église », sans eux car cela ne se fait pas de dîner avec des moundjous. Inhabituel repas de Noël que nous sommes très heureux de partager entre nous. Ensuite, jusqu’à 22h30, l’énorme feu se consume pendant que les danses, les chants, les cris, les lancinants sons des djembés résonnent dans la froide nuit africaine.

A 22h30 nous partons à Bata, un autre village à 15 km de Galilée où nous pouvons dormir. Là encore, on nous attendait et à nouveau énorme feu, chants, danses, musiques etc.… Vers minuit trente nous allons tousdanse.jpg dormir dans un bâtiment qui sert de salle de classe. Presque ouvert à tous les vents, les nattes posées à même le sol en béton, nous dormons tout habillés. Personne ne s’est vraiment reposé, nous étions frigorifiés, le froid était très vif. A 5h30, les premiers levés, dont j’étais, raniment le feu de la veille. Nous en avons besoin, nous sommes gelés. Les villageois nous apportent du café, significative dépense pour eux, que nous buvons avidement. Avant de rentrer à Bouar, nous nous promenons dans le village, et serrons de multiples mains, enfantines et adultes, moites et sales, mais toujours accompagnées d’un sourire éblouissant. Sept blancs dans un tel coin d’Afrique n’est pas chose courante, et ils se sentent très fiers et heureux de notre disponibilité. On nous dit qu’ils en parleront longtemps après notre départ.

Retour à Bouar.

Nous allons à la prison dont Mirek est l’aumônier.

Même les délinquants, les criminels, les voyous ont besoin d’un peu de chaleur et d’un sourire. L’état centrafricain n’a pas les moyens de nourrir ses prisonniers. C’est donc l’Église Catholique qui une fois par semaine, leur apporte un peu de nourriture. Nous allons serrer toutes les mains des prisonniers et nos sourires les réconfortent un peu ; les conditions de détention ne sont pas vraiment celles des détenus européens. Et bien entendu, musique, danses, chants…celui-qui-a-des-chaines-aux-pieds-a-tu-.jpg

Promenade dans Bouar, nous sommes suivis par des cohortes de gamins dépenaillés, adorables et vaguement intimidés. Arrêt dans une case où on nous sert pour une poignée de cfa de la bière de mil tiède dans des calebasses.

 

Mercredi matin, nous décidons d’aller rendre visite à Claire-Marie, qui travaille à Ngaoundaye, à 200 km au nord de Bouar. C’est la dernière ville de RCA, située à la frontière du Tchad et du Cameroun. Vous pourrez regarder sur une carte un petit appendice tout au nord ; à cet endroit-là, se situe Ngaoundaye. Il n’y a que 200 km, mais il faut la journée entière pour s’y rendre, la piste étant très très mauvaise. Quand les ponts sont détruits, on passe à droite pour franchir le gué : c’est sportif.

Le climat et les paysages du nord n’ont rien à voir avec ceux de Bangui. C’est la savane arbustive, il fait très sec avec du vent et du froid, beaucoup de poussière de latérite, nous en avalons des quantités considérables. Le matin et le soir, on supporte largement un pull.

Le jeudi à Ngaoundaye, nous partons en fin de matinée, à pied pour pique-niquer au bord de la Lim, et après l’indispensable sieste sous les manguiers, nous baigner. L’eau est fraîche et parfois des caïmans, nous a-t-on dit se prélassent sur la rive : malheureusement nous n’en avons pas vu. Ils ont dû prendre peur en nous voyant !!!

Après un dernier salut au mont Pana, montagne sacrée, que l’on ne peut gravir qu’avec une autorisation des autorités, nous repartons vendredi matin pour Bouar, avec quelques escales dans les missions, à Bocaranga pour laisser du courrier ou acheter du fromage.

La route entre Ngaoundaye et Bouar n’a pas bonne réputation. Les rebelles y sévissent quelquefois ainsi que les zaraguinas (les coupeurs de route, bandits de grand chemin, qui détroussent les voyageurs). Sachant que les missionnaires font régulièrement cette piste et que rares sont ceux qui se font agresser, la probabilité était faible pour nous de tomber entre leurs mains. D’autant plus, et c’est ce qui nous est arrivé au retour après Bocaranga, que les villageois nous avertissent. Nous avons appris que les coupeurs étaient à 15 km d’où nous nous trouvions. Nous demandons à quelle heure, les informations furent contradictoires. Mais un peu plus loin on nous précise qu’ils étaient là vers 10 h du matin, il était 15 h, nous avons donc continué sans encombre jusqu’à Bouar.

Voilà quelques petits flashs de ces superbes dix jours en brousse.

 

Je voulais tenter de faire partager un peu de mon séjour, mais ce n’est pas facile, les mots sont plats et les images seront cathodiques.

Comment rendre l’atmosphère ? La gentillesse des populations, le froid, la chaleur, la poussière ? Et tout et tout… Bien sûr ici, j’ai une approche du pays qui est culturelle et cérébrale, mais beaucoup de choses se passent aussi dans le bas du ventre et ça, ce n’est pas facile à transmettre.

 

En rentrant à Bangui, j’ai vite été rattrapé par la tourmente du travail à la Procure, Archevêque en tête. C’était un peu pesant. Il va nous falloir à tous un peu de temps pour maturer ces beaux jours, mais je sais déjà que pour ma part, j’en garderai un souvenir très profond, très fort et très doux à la fois.

nui de noël

      Fête de Noël à Bata

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Published by Dominique BAUMONT - dans VOYAGE
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commentaires

eva 05/12/2013 09:31


Beaucoup de chaleur humaine dans ce témoignage Dominique. Non, vos mots ne sont pas plats du tout... Je vous embrasse

BAUMONT Dominique 04/12/2013 15:39


Merci Odile pour votre visite. C'est bien d'avoir été coopérant en Algérie. Avec qulle ONG étiez vous partis ?

schweitzer babadjian odile 03/12/2013 18:12


j'ai lu avec grand interet votre histoire de Noel


quel changement pour vous, je souhaite que vos ennuis de santé ne soient pas trop grAVE


coopérants apres la guerre d'algérie, ce fut une tres bonne expérience, mais maintenant nous arrivons au bout du rouleau.

BAUMONT Dominique 03/12/2013 16:17


Coucou Claire-Marie, Cela fait plaisir de te lire, cela ramène quelques années en arrière et c'est bien bon. Moi aussi bien sûr je me souviens de ces fêtes là comme si c'était hier. que de
souvenirs ! J'apprends donc ausi que tu es mariée avec un enfant. Félicitations et longue à votre petit Aurélien. J'espère que la situation à Bamako est  calme mais prends soin de toi et de
tes hommes. Pour ma part, après la RCA je suis parti deux ans en mission (toujours avec la DCC) au Sénégal et ensuite en République Démocratique du Congo. Je n'y suis resté que 20 mois car j'ai
été rapatrié début sepembre (2013) pour des problèmes de santé je suis actuellement scotché dans une clinique de soins de suite en banlieue parisienne. Je ne pense pas pouvoir retourner en RDC
pour finir ma mission. Je pense que je vais m'investir dans la DCC, sans doute faire de la formation.


Je comprends bien que tu ais envie de retourner à Ngaoundaye,ce pays est tellement attachant,  là encore soyez prudents, mais ton mari enfatnt du pays connait bien la situation.


A bientôt au moins sur cet écran. Bises à toi. Mes amitiés à ton mari et une caresse à Aurélien.


Dominique

Claire-Marie NDEKENDJI LACOURT 03/12/2013 00:35


Coucou Dominique, merci pour ce joli moment de nostalgie :), je m'en souviens comme si c'était hier! j'étais tellement contente de vous voir arriver. Je nous revois tous assis cheveux aux vents
dans la voiture de Gian Carlo...


Aujourd'hui à Bamako, avec mon mari Rodrigue... enfant de Ngaoundaye, et notre petit garçon Aurélien de 9 mois, c'est une autre vie. Mais une partie de notre coeur est toujours la bas, et nous
attendons des jours meilleurs pour y retourner, et présenter enfin Aurélien à ses grands parents paternels et à tout le village. Chantal y est en ce moment pour seconder les soeurs polonaises qui
ont pris la suite à la mission de Ngaoundaye.


J'espère que tu vas bien, c'est toujours un plaisir de lire tes commentaires sur fb,


je te souhaite un bon mois de l'avent, et de belles et douces fetes de fin d'année, ainsi qu'à tous ceux qui t'entourent,


bien amicalement,


claire marie